Joueurs

Serge Murphy et Jean-François Lauda

Du 22 février au 22 avril 2018

Serge Murphy, Ruine achevée, 2018. Photo: Guy L’Heureux.

D’un côté, Serge Murphy, un artiste résolument multidisciplinaire, aussi patenté que «patenteux», inclassable depuis plus de quarante ans et néanmoins à peu près unanimement célébré, poète par surcroît (comme Guido), pédagogue généreux, et intervenant multiforme dans le milieu. De l’autre, Jean-François Lauda, un jeune peintre abstrait, discret mais souvent considéré comme un des plus prometteurs de sa génération, musicien bruitiste à ses heures, résolument autodidacte (comme Guido) mais fils, petit-fils et arrière-petit-fils de peintre.

Quand on lui parle de la continuité sans faille de son «raboudinage de patentes» depuis des décennies, Murphy répond avec un sourire : «C’est comme si je n’avais jamais eu qu’une seule idée plastique dans ma “carrière” pour matérialiser mon rapport à l’art, pour inscrire ce qui me touche et me ressemble dans cette histoire, pour parler du temps et de la sculpture…» Je me souviens que, le jour du vernissage de sa dernière exposition au MBAM, l’artiste avait lu un extrait d’un poème de Roland Giguère : «Sur un mince et fragile plateau se dresse la somme de nos constructions, compliquées et toutes en hauteur; planches de salut finement ciselées, échafaudages pour des lendemains impossibles, châteaux de sable mouvant, etc.» On sait que le vieil artiste surréaliste avait lui-même, insoucieux de tout courant plus qu’à contre-courant, creusé son propre sillon pendant plus d’un demi-siècle…

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