Guido Molinari – Le blanc et le noir

 

Du 25 juin au 5 septembre 2021

Abstraction, 1955, Duco et émail sur toile, 120,7 x 151,1 cm, Fondation Guido Molinari. Photo : Guy L'Heureux

Abstraction, 1955, duco et émail sur toile, 120,7 x 151,1 cm. Collection de la Fondation Guido Molinari. Photo : Guy L’Heureux

La Fondation présentera, du 25 juin au 5 septembre prochain, une exposition qui réunira exclusivement des œuvres en noir et blanc de Molinari, datant pour la plupart des années cinquante. Le cœur de l’accrochage sera constitué de la dizaine de toiles géométriques, très dépouillées, que l’artiste avait présentées à sa galerie L’Actuelle en 1956, et qui avaient permis au milieu de redécouvrir le Molinari radical et frondeur qui avait réalisé, cinq ans plus tôt, ses fameuses œuvres «à la noirceur».

Bien sûr, il y eut alors des réticences de toutes part, et même l’artiste aura parfois des doutes sur le bien-fondé de ses propositions. Mais le temps fera son œuvre, et on finira par reconnaître que cette série de 1956 représentait la meilleure incarnation des principes du Manifeste des Plasticiens, ce qui expliquerait l’enthousiasme spontané à son endroit du critique Rodolphe de Repentigny, l’auteur de ce texte. Et plus tard, des historiens de l’art aussi chevronnés que Serge Lemoine et Bernard Teyssèdre, tous deux grands connaisseurs de l’art abstrait américain, parleront de l’originalité absolue de ces œuvres «sans équivalent à l’époque dans tout l’art nord-américain» et dont «la portée n’apparut que dix ans plus tard avec le Minimal Art de New York». Rien d’étonnant, dans ces conditions, à ce que Molinari décide d’exposer, en 1967, ces œuvres cultes à la East Hampton Gallery, à New York, sous le titre (un peu ironique) de Minimal Paintings of 1956.

Par ailleurs, notre exposition comprendra des œuvres qui confirmeront une certaine permanence du noir et blanc dans la production du peintre reconnu comme le grand maître de la couleur. D’abord, quelques toiles isolées, plus tardives (et jusqu’à l’époque des Quantificateurs) et, surtout, plusieurs dessins à peu près contemporains des fameuses toiles minimalistes de 1956, extraits d’un corpus de plus de 1000 œuvres sur papier réalisées au cours des années cinquante et qui ont fait l’objet d’une importante rétrospective qui a circulé au Canada au cours de l’année 1981. La plupart des dessins exposés ont aussi fait partie des expositions majeures de Molinari, depuis sa première présentation individuelle à L’Échourie en 1953 jusqu’à ses ultimes rétrospectives des années quatre-vingt-dix au Musée d’art contemporain de Montréal et en Europe.

Certes, ces graphismes très libres dénotent «un autre Molinari», expressionniste et plus proche de la poésie (qui fut aussi une de ses activités principales), mais ils ont encore partie liée avec la construction d’un univers bidimensionnel, et leur discours est en conformité avec celui du peintre, comme le soulignait l’historien de l’art David Burnett dans le catalogue de l’exposition Guido Molinari. Œuvres sur papier : «Ce qui nous est présenté, c’est une structure optiquement ambiguë, une réversibilité du blanc et du noir où ni l’un ni l’autre ne l’emporte. Il n’y a pas de division entre la forme et le fond parce que l’ensemble est à la fois la forme et le fond.»

Guido Molinari, Diagonal noir, 1956-1994, acrylique sur toile. Collection de la Fondation Guido Molinari. Photo : Guy L’Heureux.