Hommage à Guido Molinari

 

21 février 2004 — 21 février 2014

 

Voilà dix ans aujourd’hui que Guido Molinari nous a quittés.

Richard-Max Tremblay, 1987.

Richard-Max Tremblay, 1987.

Dix ans qu’on ne le voit plus hanter les vernissages, ou plutôt qu’on le devine comme un fantôme, qu’on sent sa présence généreuse, «essentiellement libre» (comme titrait Le Devoir du 23 février, en-dessous d’une triste vignette placée en bas à gauche de la une).

L’autre jour, en assistant à la «célébration de commémoration nationale» de Fernand Leduc, nous étions quelques-uns à penser que son vieux compagnon plasticien aurait largement mérité un traitement analogue. Quoi qu’il en soit, pour tous ceux qui l’ont approché, «Moli» demeure «le théoricien du molinarisme», comme il se définissait lui-même en 1954 avec un demi-sourire et, soixante ans plus tard, on comprend mieux qu’il ne s’agissait pas là d’un mouvement pictural parmi d’autres, mais d’une façon de vivre pleinement tout en étant artiste. Tout simplement.

 

Aussi la Fondation Guido Molinari, dont l’artiste a lui-même réglé les détails peu avant sa mort, ne cessera-t-elle jamais de défendre ce fou de la couleur — amateur de Mondrian et de Mallarmé, de Pollock et de Barnett Newman, et (plus près de nous) de John Lyman — à propos duquel le grand historien d’art François-Marc Gagnon, qui l’avait rencontré très diminué dans «sa banque», écrivait : «Tout pouvait l’abandonner, Molinari gardait encore cet enthousiasme pour la peinture. Chez personne avant lui, je n’ai senti cette ferveur quasi religieuse pour les œuvres d’art, cette “ivresse de l’art” dont parle Nietzsche.»

Gilles Daigneault Directeur de la Fondation Guido Molinari

© Richard-Max Tremblay, Guido Molinari, 1987