Fondements

Raison d’être de la Fondation Guido Molinari

 

Atelier Guido Molinari_Photo Adrien William.Il est banal de dire que la raison première de l’existence de la Fondation est évidemment la volonté de Guido Molinari. En ce début de 21e Siècle, les fondations d’artistes ne sont pas une rareté, et les motifs qui sous-tendent leur création sont souvent les mêmes: perpétuation de la mémoire de l’artiste; documentation de sa vie et de son œuvre; et un endroit pour conserver et idéalement rendre accessible le fonds d’œuvres que l’artiste n’a pas vendues, volontairement ou non.
C’est certain que l’égo joue un rôle dans la décision prise par un artiste de créer sa propre fondation. Et il est bien connu que Guido Molinari n’était pas une pâle violette quand il s’agissait d’évaluer la valeur de son propre travail. Dans son cas, au moins, il s’est trouvé beaucoup d’autres personnes pour être du même avis, et le passage du temps semble leur avoir donné raison.

La vie de Guido Molinari ne correspond pas au modèle de l’artiste pauvre et bohème, vivant mal de son art. Au contraire, il s’est montré un investisseur bien avisé, en immobilier notamment, et dans son activité de collectionneur des œuvres d’autres artistes. Il relève davantage du modèle de ces artistes américains qui atteignent bien avant leur mort une certaine aisance matérielle, qui leur donne la sérénité nécessaire pour bien mesurer l’impact de leur trépas et de prendre des mesures pour atteindre certains objectifs, dont parfois quelques-uns qu’ils n’ont pu réaliser de leur vivant.

_MG_0561_Photo Guy L'Heureux

Ce n’est pas par hasard que l’artiste a légué à sa fondation l’immeuble qu’il avait acquis quarante ans avant sa mort et qu’il avait transformé en lieu de travail et de vie. Le quartier Hochelaga-Maisonneuve où il est né et a grandi, a toujours eu un sens pour lui, et la logique de poursuivre son «œuvre» dans cet arrondissement s’impose.

Savait-il au moment d’acheter cette ancienne succursale de banque que cet immeuble aux dimensions imposantes pourrait servir à exposer son travail pour les générations à venir, comme une sorte de centre culturel ? Peut-être pas, mais les lieux ont été très accueillants de son vivant pour recevoir étudiants, professionnels, collègues, famille, amis et curieux, et constituaient déjà une sorte de plaque tournante de son monde. Depuis que la Fondation occupe les lieux, nombreuses sont les personnes de tous milieux qui ont rappelé le souvenir de passages, sinon de séjours, dans ce cénacle de créativité. Le quatuor à cordes éponyme y a été formé et a tenu ses premières prestations. Des films y ont été tournés, des photos prises, des entrevues accordées. Il est donc aussi convenable que ces locaux soient le centre des activités de la Fondation Guido Molinari.

 

Mandat

 

Le mandat «juridique» que la Fondation doit accomplir provient de deux sources, à savoir le testament de l’artiste, puis la charte de la Fondation comme personne morale, laquelle avait été constituée du vivant de l’artiste, à son su et à sa demande. Dans cette charte, à laquelle la Partie 2 de la loi maintenant appelée Loi canadienne sur les sociétés sans but lucratif donne force de loi, il est dit que les objectifs sociaux de la Fondation sont de quatre ordres, à savoir :

  • « a) garder et collectionner les œuvres du peintre Guido Molinari;
  • b) maintenir un musée de référence pour l’œuvre du peintre Guido Molinari;
  • c) offrir des bourses à des artistes pour favoriser leur développement artistique; et
  • d) favoriser la diffusion des œuvres de Guido Molinari et autres artistes de l’époque contemporaine».

Il faut voir dans ce texte quelque peu inélégant, avant tout les efforts d’un notaire ou un avocat pour satisfaire aux exigences des lois fiscales, davantage qu’un texte destiné à inspirer la foi de ceux qui rechercheraient de belles causes et nobles intentions. Toutefois, on y trouve l’essence de ce qui anime la Fondation dans ses activités.

Le testament Molinari vient ajouter que l’immeuble doit être utilisé pour conserver et exposer le fonds d’œuvres de l’artiste, et« pour diffuser et promouvoir (ses) œuvres ainsi que celles d’autres artistes québécois et ainsi avoir une vocation éducative au bénéfice du public québécois».

_MG_0578_Photo Guy L'Heureux

Oeuvre de Mathieu Beauséjour, Projet Homa, 2013, Coffre fort de la Fondation

Oeuvre de Mathieu Beauséjour, Projet Homa, 2013, Coffre fort de la Fondation