Stéphane La Rue – En résonance : du 17 avril au 8 juin 2014

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Voilà bien une vingtaine d’années que le travail de Stéphane La Rue — qui dessine comme un sculpteur, peint comme un dessinateur et sculpte comme un peintre — nous rappelle que ce qu’on appelle «le minimalisme» (au sens large) constitue une formidable école de perception de toute forme d’art visuel et qu’il est loin d’avoir dit son dernier mot. De là, le désir de la Fondation Guido Molinari de l’inviter chez elle, là où ses œuvres entrent naturellement en résonance avec celles de celui qui se définissait, il y a maintenant soixante ans, comme le «théoricien du molinarisme» et, d’autre part, avec la nouvelle architecture de sa banque.

Stéphane La Rue, Comme une image (pour un ensemble) en deux mouvements, 2009, détail, graphite sur bois. Photo : Guy L'Heureux.

Stéphane La Rue, Comme une image (pour un ensemble) en deux mouvements, 2009, détail, graphite sur bois. Photo : Guy L’Heureux.

Autour d’une nouvelle variation de la suite exemplaire Comme une image (pour un ensemble), qui avait d’abord été présentée chez Roger Bellemare il y a près de cinq ans, l’exposition a réuni une sélection de séries d’œuvres sur papier, réalisées au cours des dix dernières années, comme une évocation en plus modeste de la magistrale rétrospective intitulée Stéphane La Rue. Retracer la peinture, organisée par la Galerie de l’UQAM en collaboration avec le Musée national des beaux-arts du Québec, en 2008. Avec, en prime, une dizaine d’œuvres de Molinari, qui ont partie liée — souvent d’une manière oblique — avec ce corpus et qui ont été choisies en toute liberté par Stéphane La Rue, comme une ultime conversation après tant d’autres qui eurent lieu naguère entre le jeune artiste multidisciplinaire et le vieux professeur de Concordia.

Dans le beau catalogue qui accompagnait la rétrospective de l’UQAM, on pouvait lire ces lignes en quelque sorte prémonitoires de la jeune historienne d’art Marie-Ève Beaupré : «Écrire sur les tableaux de Stéphane La Rue me rappelle aussi une ancienne banque, celle où se situait l’atelier de Guido Molinari, et un stage qui consistait à inventorier les œuvres qui s’y trouvaient. Durant plus d’un mois, j’y répertoriai des tableaux bleus. Des bleus vibrants. Des bleus plus sourds. Des bleus sous lesquels une couche de rouge transparaissait parfois. Des bleus sous lesquels il y avait beaucoup d’autres bleus. Vous voyez? (…) Si les œuvres monochromes suscitent autant de questions, c’est qu’elles soulèvent de beaux problèmes de peinture qui soumettent l’art et l’esthétique à des questionnements féconds.» Suivaient quelques pages bien senties qui montraient comment les œuvres de Stéphane La Rue renouvelaient le genre et s’en distanciaient.

L’exposition Stéphane La Rue – En résonance a été mise sur pied en collaboration avec les galeries Roger Bellemare et Christian Lambert.

Cliquez sur l’image ci-dessous pour accéder aux photos d’espace de l’exposition.

Article de Jérôme Delgado  dans Le Devoir du 17 mai 2014.

La Rue chez Molinari | Le Devoir

Article de Marie-Ève Charron dans Le Devoir du 4 octobre 2014.

Peindre et dessiner avec le bois | Le Devoir
 » Ce genre d’exercices formels a trouvé toute sa force d’évocation dans Comme une image. Pour un ensemble (2009), justement redéployée dans le voisinage de quelques oeuvres de Molinari à la Fondation Molinari l’été dernier. »