mSm — Molinari, Sala, Munari, Fondation Guido Molinari – du 27 novembre au 11 décembre 2011

C’est le jeune sculpteur italien Andrea Sala qui a été le premier artiste en résidence à la Fondation Guido Molinari. L’expérience a donné  lieu à la création de quatre nouvelles sculptures qui constituaient autant de dispositifs susceptibles, entre autres, de concilier le travail de Molinari (1933-2004) et celui de l’artiste multidisciplinaire milanais Bruno Munari (1907-1998).

L’idée du rapprochement entre ces trois univers mijotait dans la tête de la commissaire indépendante Meredith Carruthers depuis près de deux ans, alors qu’elle faisait des recherches sur la collection du Musée d’art de Joliette en vue d’une exposition. Diverses circonstances — notamment d’importants travaux à exécuter au Musée, des rencontres avec l’artiste Tom Hopkins (le regretté président de la Fondation Guido Molinari) et surtout l’enthousiasme de Sala devant l’espace de l’ancien atelier de Molinari — avaient créé une nouvelle donne, et c’est avec plaisir que la Fondation avait accueilli le projet de ce trio atypique, mais remarquablement stimulant.

À première vue, plus que l’œuvre «classique» de Molinari, le travail de Sala lorgnait celle, protéiforme, inclassable, encyclopédique, résolument ludique et pourtant méconnue, de Munari. Mais cet homme-orchestre, que Picasso appelait le «nouveau Léonard», a souvent eu partie liée avec l’art géométrique dans lequel il a introduit un certain humour, et les constructions de Sala étaient précisément mises en relations avec des œuvres de Molinari du début des années soixante-dix, où la présence de formes triangulaires venait déconstruire les bandes orthogonales des toiles, tandis que les couleurs faisaient montre d’un exotisme souriant que soulignaient certaines sculptures de Sala, transparentes et d’une légèreté à l’avenant.

Ce type de projet s’inscrivait tout naturellement dans la mission générale de la Fondation Guido Molinari, qui est de promouvoir l’œuvre de l’artiste éponyme par tous les moyens jugés opportuns.

 

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